Combien de candidatures pour trouver un emploi, une alternance ou un stage ? Les vrais chiffres (2026)

Apec, Dares, Insee : combien de candidatures envoient vraiment les candidats en France, d'où vient le chiffre de « 40 CV », et le calcul pour estimer votre propre nombre.

Tapez « combien de candidatures pour trouver un emploi » et vous obtenez une avalanche de chiffres : 40 CV, 250 candidatures par offre, 30 à 50 envois, 3 à 5 par jour. La plupart n'ont pas de source. Ceux qui en ont une datent souvent de 2017, viennent des États-Unis, ou mesurent autre chose que ce qu'on leur fait dire.

Ce guide ne garde que les chiffres que nous avons pu remonter jusqu'à leur publication d'origine, en France d'abord : Apec, Dares, Insee, France Travail. Pour chacun, il dit qui a été interrogé et quand. Il sépare aussi deux questions que presque tous les articles mélangent, puis donne une formule et un tableau pour estimer votre propre nombre à partir de vos résultats. Sources vérifiées en septembre 2026.

La réponse courte : ce que disent les enquêtes françaises

Il existe deux sortes de chiffres, et ils ne répondent pas à la même question.

Côté employeur : combien de candidatures un recruteur examine pour pourvoir un poste. Côté candidat : combien de candidatures une personne envoie avant de signer. Un poste qui reçoit 15 candidatures ne veut pas dire qu'il vous en faut 15, et 57 % de jeunes diplômés qui dépassent 30 envois ne disent rien du nombre de candidats par offre.

Chiffre Côté Source, population et date
Environ 12 candidatures examinées par recrutement (9 pour un métier manuel, 13,5 technique, 15 au contact du public) Employeur Enquête Ofer (Dares), 8 296 établissements, embauches de septembre à novembre 2015 ; analyse Insee publiée en 2022
Une seule candidature examinée dans 28 % des recrutements Employeur Même enquête Ofer, Dares Analyses n° 064, 2017
15 candidatures reçues en moyenne pour le dernier recrutement de cadre (13 en 2024) Employeur Apec, Pratiques de recrutement de cadres 2026 : 1 150 entreprises, recrutements de 2025
57 % des Bac +5 en emploi ont postulé plus de 30 fois (31 % pour la promotion 2022) Candidat Apec, novembre 2025 : 1 595 diplômés Bac +5 de 2024, inscrits sur Apec.fr, interrogés en juin 2025
47 % des alternants ont candidaté au moins 20 fois Candidat Apec, mars 2025 : 832 alternants de niveau Bac +3 et plus, interrogés d'avril à juin 2024
52 % des étudiants ont envoyé 20 candidatures ou plus pour un stage ou une alternance Candidat Seekube (groupe HelloWork), 463 étudiants, juillet à septembre 2024

Sources : Insee, Economie et Statistique n° 534-35, Dares Analyses n° 064 (copie archivée), Apec, Pratiques de recrutement de cadres 2026, Apec, Jeunes diplômé.es d'un Bac +5, Apec, Rechercher son alternance dans le supérieur, Seekube via HelloWork Group.

Les deux colonnes ne se contredisent pas. Un recruteur de PME examine une douzaine de dossiers, mais chaque candidat postule à des dizaines d'offres, dont beaucoup ne lui correspondent qu'à moitié. Le nombre qui compte pour vous n'est donc pas la taille de la pile, c'est la part de vos candidatures qui décrochent un entretien.

Deux limites à garder en tête. L'enquête Apec sur les Bac +5 ne couvre que les diplômés inscrits sur Apec.fr. Celle sur l'alternance n'interroge que des étudiants qui ont trouvé un contrat : ceux qui ont abandonné n'y sont pas. Ces chiffres décrivent la recherche de ceux qui ont réussi, pas celle de tout le monde.

D'où vient le chiffre de « 40 CV » ?

C'est le chiffre le plus repris en France. Sur une quinzaine de pages lues qui répondent à cette question, sept le reprennent. Sa source est un livre blanc de StepStone publié le 17 janvier 2018 (copie archivée), et il ne mesure pas ce qu'on croit.

L'enquête date de 2017. Elle a interrogé 15 000 personnes « 45 jours après avoir déposé une candidature sur StepStone.fr ». Le calcul est donné tel quel : « pour avoir la chance d'être convoqué à un entretien, il faut postuler à environ 20 offres d'emploi. Les postulants ajoutent qu'en général, il faut 2 entretiens pour espérer une proposition. 40. »

Autrement dit, personne n'a compté 40 candidatures avant une embauche. Le 40 est une multiplication, 20 × 2, de deux estimations que les répondants ont faites eux-mêmes. Le même texte précise d'ailleurs que sur les métiers en pénurie, comme charpentier ou carrossier, « une seule candidature peut suffire ». Beaucoup d'articles datent le chiffre de 2018 (c'est la date de publication, pas celle de l'enquête) et un site parle de « 30 000 candidats » au lieu de 15 000.

Les autres chiffres qui circulent tiennent encore moins :

Nous les avons laissés de côté.

Côté recruteur : ce que l'enquête Ofer apprend

L'enquête Ofer de la Dares est la seule grande enquête publique française sur la façon dont les employeurs recrutent. Elle date de 2016, sur des embauches en CDI ou CDD de plus d'un mois faites fin 2015. Elle est ancienne, mais aucun chiffre plus récent de cette ampleur n'existe, et trois de ses résultats changent la façon de compter.

Beaucoup de postes ne passent jamais par une pile de candidatures. Dans 28 % des recrutements, l'employeur n'a examiné qu'une candidature. Dans 41 % de ces cas, c'est parce qu'il connaissait déjà la personne ou qu'elle lui avait été imposée par un tiers (Dares Analyses n° 064).

L'annonce est le canal le plus visible, pas le plus efficace. Une annonce est diffusée dans près d'un recrutement sur deux, mais elle ne mène à l'embauche que dans 15 % des cas. Les relations personnelles ou professionnelles aboutissent dans 27 % des cas, les candidatures spontanées dans 21 %.

Les salariés racontent la même chose. Parmi les personnes en poste depuis moins d'un an en 2016, 42 % disent avoir trouvé leur emploi par une démarche directe auprès de l'employeur ou une candidature spontanée, un quart grâce à leurs relations, et 7 % seulement grâce aux petites annonces (Insee Première n° 1660).

Pour vous, la conséquence est pratique. Une candidature à une annonce publiée et une candidature spontanée ou recommandée ne se comptent pas pareil : la seconde a moins de concurrents. Vingt candidatures sur des offres publiées et cinq messages à des entreprises ciblées n'ont pas le même rendement, même si votre tableau affiche « 25 » dans les deux cas.

Le secteur pèse aussi. Selon l'enquête Besoins en main-d'œuvre 2026 de France Travail, 43,8 % des projets d'embauche sont jugés difficiles par les employeurs, mais ce taux monte à 65 % ou plus dans la construction, la métallurgie et la réparation automobile, et descend sous 30 % dans la finance et le commerce de détail (France Travail, BMO 2026). Un électricien et un contrôleur de gestion n'ont pas besoin du même nombre de candidatures.

Combien de candidatures pour trouver une alternance ?

L'étude la plus solide est celle de l'Apec publiée en mars 2025. Elle a interrogé 832 alternants de niveau Bac +3 et plus, et donne la répartition complète, pas seulement une moyenne :

47 %

8 % n'en ont envoyé qu'une seule

des alternants Bac +3 et plus ont candidaté au moins 20 fois avant de signer. 31 % en ont envoyé entre 5 et 19, et 22 % moins de 5.

Source : Apec, « Rechercher son alternance dans le supérieur (bac +3 et plus) », mars 2025. 832 alternants interrogés d'avril à juin 2024

Les 8 % qui ont signé du premier coup l'ont fait « souvent grâce à une mise en relation par l'école ou à la suite d'un stage », précise l'Apec (PDF de l'étude). La même étude compte les entreprises rencontrées en entretien : 23 % des alternants n'en ont vu qu'une, 35 % deux ou trois, 42 % quatre ou plus.

Le canal qui a mené au contrat est réparti de façon assez égale : le réseau personnel ou professionnel (31 %), les offres hors de l'école (29 %), les candidatures spontanées (24 %) et l'école elle-même (24 %). Côté entreprises, 80 % de celles qui ont recruté des alternants ont examiné des candidatures spontanées.

Le calendrier compte autant que le volume

Le point que les autres guides ne chiffrent pas, c'est le décalage entre étudiants et entreprises. D'après la même étude, 61 % des alternants avaient commencé à chercher avant mai, contre 27 % des entreprises. Les recrutements se font surtout en mai et juin : à la mi-juin, plus de la moitié des entreprises ont déjà choisi leur alternant, et 77 % des grandes. À l'autre bout, 17 % des employeurs ne lancent leur recrutement qu'à partir de septembre.

Concrètement, des candidatures spontanées envoyées en mars arrivent avant que la plupart des offres existent. Il faut donc les envoyer tôt, puis surveiller les offres de mai et juin de près. Si la rentrée arrive sans contrat, la loi laisse une marge : un jeune de 16 à 29 ans peut commencer sa formation en CFA sans employeur pendant trois mois maximum, et le CFA doit l'aider à en trouver un (article L6222-12-1 du Code du travail).

Le marché se tend en 2026. Sur les 56 000 offres publiées sur JobTeaser au premier semestre, les offres d'alternance baissent de 2 % pendant que les candidatures augmentent de 15 %. Une offre en contrôle de gestion ou en comptabilité reçoit en moyenne 72,8 candidatures, contre bien moins pour les métiers d'ingénieur ou les BTS (JobTeaser, août 2026). Dans ces filières disputées, attendez-vous à être plutôt dans les 47 % que dans les 22 %.

Pour la suite, notre guide du CV d'alternance et celui de la lettre de motivation d'alternance couvrent le dossier lui-même. La lettre compte ici plus qu'ailleurs : 77 % des entreprises interrogées par l'Apec la demandent aux futurs alternants.

Combien de candidatures pour trouver un stage ?

Aucune enquête publique que nous ayons trouvée ne compte les candidatures envoyées pour un stage seul. Les pages qui annoncent « 15 à 30 candidatures » ne citent rien.

Le chiffre le plus proche vient de Seekube, une plateforme de salons virtuels du groupe HelloWork : sur 463 étudiants passés par un stage ou une alternance dans les 24 mois précédents, 52 % ont envoyé 20 candidatures ou plus, 25 % entre 10 et 20, et 23 % moins de 10. L'enquête ne sépare pas le stage de l'alternance, et l'échantillon est petit.

Deux raisons de penser qu'un stage demande en général moins d'envois qu'une alternance. D'abord, l'entreprise ne s'engage que pour quelques mois, sans contrat de travail ni coût de formation. Ensuite, l'offre augmente : JobTeaser compte 13 % d'offres de stage en plus au premier semestre 2026, pendant que l'alternance recule. C'est une tendance, pas une mesure de votre nombre de candidatures, et la concurrence reste forte sur les stages de fin d'études dans les grandes entreprises.

Notre guide pour trouver un stage détaille les cinq canaux et le calendrier. Pour un premier poste après le diplôme, le guide du premier emploi de jeune diplômé prend le relais.

La formule pour estimer votre propre nombre

Toutes les estimations reviennent à deux taux :

candidatures pour une offre = 1 ÷ (taux d'entretien × taux d'offre après entretien)

Le seul taux français que nous ayons trouvé côté candidat est déclaratif : les répondants de StepStone estimaient qu'il faut environ 20 candidatures pour un entretien (5 %) et 2 entretiens pour une proposition (50 %). Aux États-Unis, le suivi de candidatures Huntr mesure un taux d'entretien de 2,07 % avec un CV non adapté et 4,23 % avec un CV adapté, sur l'ensemble des candidatures enregistrées par ses utilisateurs (Huntr, Q1 2026). Les colonnes à 25 % et 35 % servent à montrer l'effet du second taux : ce sont des illustrations, pas des références.

Votre taux d'entretien Offre après 25 % des entretiens Offre après 35 % des entretiens Offre après 50 % des entretiens (StepStone, déclaratif)
2 % (Huntr, CV non adapté) 200 143 100
4 % (Huntr, CV adapté) 100 71 50
5 % (StepStone, 1 sur 20) 80 57 40
8 % 50 36 25
10 % 40 29 20
15 % 27 19 13
20 % 20 14 10

Chaque case donne le nombre moyen de candidatures pour une proposition. Le « 40 CV » de StepStone correspond à la ligne 5 %, colonne 50 %. Sur la seule ligne 5 %, le résultat va de 40 à 80 ; sur la seule colonne 50 %, de 10 à 100. Le tableau entier va de 10 à 200.

Faites le calcul avec vos propres chiffres

Au bout d'une trentaine de candidatures, vous avez de quoi remplacer ces moyennes par les vôtres. Un exemple :

  1. Vous avez envoyé 30 candidatures et obtenu 2 entretiens. Votre taux d'entretien est de 2 ÷ 30, soit 6,7 %.
  2. Vous n'avez pas encore de proposition, donc prenez une fourchette pour le second taux, par exemple 25 % à 50 %.
  3. 1 ÷ (0,067 × 0,50) = 30, et 1 ÷ (0,067 × 0,25) = 60. Il vous faudrait en moyenne entre 30 et 60 candidatures pour une offre. Vous en avez envoyé 30 : prévoyez jusqu'à 30 de plus.
  4. À 8 candidatures par semaine, cela fait jusqu'à quatre semaines d'envois, plus la durée du processus lui-même. Pour un poste de cadre, l'Apec mesure environ 12 semaines par recrutement.

Deux entretiens sur trente, c'est un petit échantillon : refaites le calcul toutes les dix candidatures. Et ne comptez comme entretien qu'un vrai échange (appel d'un recruteur, entretien), pas un email de refus. C'est la différence avec le taux de réponse, qui compte aussi les refus. Notre tableau de suivi de candidature calcule le taux de réponse, et vous donne les deux nombres dont vous avez besoin ici.

Combien de candidatures par jour ?

Aucune étude ne mesure le bon nombre de candidatures par jour. Les « 2 à 3 par jour » et « 3 à 5 par jour » qui circulent sont des conseils, pas des mesures. Ce que les données montrent, c'est l'arbitrage entre volume et adaptation : chez Huntr, un CV adapté à l'offre obtient un entretien deux fois plus souvent qu'un CV générique. Dix candidatures adaptées rapportent donc à peu près autant d'entretiens que vingt envois identiques.

La bonne réponse est donc le nombre que vous pouvez adapter correctement. Si adapter un CV et une lettre vous prend 45 minutes, trois candidatures par jour représentent plus de deux heures de travail concentré, et battront probablement six envois bâclés. Notre méthode pour adapter son CV à une offre permet de le faire en moins de temps.

Deux cas où il faut ajuster :

Si votre taux est bas, cherchez l'étape qui bloque

Votre suivi montre où l'entonnoir casse, et chaque étape a sa solution :

Ce que vous constatez Cause probable Quoi essayer
Moins de 3 % d'entretiens après 30 candidatures Le CV ne passe pas le premier tri Adapter chaque CV à l'offre, puis le vérifier avec l'analyse ATS gratuite
Silence sur la plupart des candidatures Offres déjà pourvues, relances oubliées Postuler dans les premiers jours, relancer au bon moment
Des entretiens mais pas d'offre L'étape de l'entretien, ou des postes un peu à côté Demander un retour après les derniers tours, préparer les questions qui vous ont bloqué
Tout passe par des annonces publiées Concurrence maximale sur le canal le moins efficace Ajouter des candidatures spontanées et des demandes de recommandation chaque semaine

Suivre vos propres chiffres avec HiredFolio

Tous les chiffres de cet article sont des moyennes. Celui qui planifie votre recherche, c'est votre taux d'entretien à vous, et il faut un décompte à jour pour le connaître.

Le suivi de candidatures HiredFolio tient ce décompte au fil de l'eau. L'extension Chrome enregistre une offre depuis LinkedIn, Indeed, Welcome to the Jungle ou un site carrière en un clic, chaque candidature garde son statut, et le tableau de bord affiche vos taux d'entretien, de réponse et d'offre. Quand votre taux bouge, vous le voyez dans la semaine.

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À retenir avant votre prochaine série de candidatures

01

Ignorez les « 40 CV » et « 250 candidatures par offre » : l'un est une multiplication de 2017, l'autre décrit une offre américaine, pas vos chances.

02

Après 30 candidatures, divisez vos entretiens par vos envois et lisez dans le tableau combien il vous en reste.

03

Envoyez chaque semaine le nombre que vous pouvez adapter, et ajoutez-y des candidatures spontanées ou recommandées.

Pour compter votre taux sans faire le calcul à la main, partez du modèle de tableau de suivi gratuit.

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