Heures de recherche d'emploi pendant le préavis : le tableau par convention collective (2026)

Heures de recherche d'emploi pendant le préavis : combien, payées ou non, qui les fixe. Syntec, métallurgie, HCR, banque, bâtiment, textes lus sur Légifrance.

« Deux heures par jour pour chercher un emploi pendant le préavis » : la règle circule partout, et elle n'existe dans aucune loi. Le Code du travail ne donne pas d'heures de recherche d'emploi. Elles viennent de votre convention collective, d'un accord d'entreprise, d'un usage ou de votre contrat, et d'un texte à l'autre les écarts sont importants : 6 jours par mois dans un bureau d'études, 2 h 30 par jour dans la métallurgie, rien du tout pour un démissionnaire dans une banque.

Nous avons lu, article par article, les textes de 15 conventions collectives parmi les plus répandues. Le tableau ci-dessous donne pour chacune le nombre d'heures, le cas de la démission et celui du licenciement, si les heures sont payées, et le lien vers l'article sur Légifrance. Textes lus le 28 septembre 2026.

Ce guide décrit des textes publics. Il ne remplace ni un conseil juridique, ni la lecture de votre propre convention, de votre accord d'entreprise et de votre contrat, qui peuvent prévoir autre chose.

Ce que dit la loi : aucune heure, sauf en Alsace-Moselle

La durée du préavis est fixée par le Code du travail (article L1234-1) pour un licenciement : un mois entre six mois et deux ans d'ancienneté, deux mois au-delà, sauf texte plus favorable. Pour les heures d'absence, le Code ne dit rien. Sur sa fiche consacrée à la démission, service-public.gouv.fr le résume sans détour : « La loi ne prévoit pas d'heures pour recherche d'emploi durant le préavis. Le salarié doit obtenir l'accord de l'employeur pour s'absenter » (fiche F2883, vérifiée le 8 juillet 2026). Le chapitre du Code sur le préavis de licenciement ne contient pas davantage d'heures d'absence, hors l'exception ci-dessous.

L'exception de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin

Le Code contient une seule règle sur le sujet, et elle ne vaut que pour trois départements. Dans la sous-section consacrée à la Moselle, au Bas-Rhin et au Haut-Rhin, l'article L1234-17 prévoit : « Pendant le préavis, l'employeur accorde au salarié qui le demande un délai raisonnable pour rechercher un nouvel emploi. » L'article L1234-17-1 précise que ces dispositions s'appliquent « à défaut de dispositions légales, conventionnelles ou d'usages prévoyant une durée de préavis plus longue » et qu'elles valent « également » quand c'est le salarié qui rompt le CDI.

Le texte ne chiffre pas ce « délai raisonnable ». Si vous travaillez dans l'un de ces départements, faites la demande par écrit et comparez avec ce que prévoit votre convention.

Accord d'entreprise, convention de branche, contrat : lequel s'applique

Les conventions du tableau sont des conventions de branche. Depuis 2018, sur les sujets que la loi ne réserve pas à la branche, l'accord d'entreprise « prévaut » sur elle (article L2253-3). Les heures de recherche d'emploi ne figurent pas dans les listes réservées à la branche (L2253-1 et L2253-2). Le Code du travail numérique du ministère en tire la conséquence sur chacune de ses fiches : un accord d'entreprise « s'appliquera, qu'il soit plus ou moins favorable », sauf si votre contrat prévoit mieux.

Avant de vous fier au tableau, demandez donc au service RH s'il existe un accord d'entreprise sur le préavis. Votre IDCC (le numéro de votre convention) figure sur votre bulletin de paie.

Le tableau par convention collective

Lecture : « payées » veut dire que l'absence n'entraîne pas de retenue sur salaire. « Rien de prévu » veut dire que l'article ne vise que le licenciement ; une absence reste alors possible avec l'accord de l'employeur. Chaque article a été lu sur Légifrance le 28 septembre 2026, version en vigueur. Vérifiez votre accord d'entreprise, qui peut prévoir autre chose.

Convention (IDCC), article Licenciement Démission
Syntec, bureaux d'études (1486)
art. 4.3
6 jours ouvrés par mois, en principe par demi-journée, payés 6 jours ouvrés par mois, non payés
Métallurgie (3248), temps de travail en heures
art. 75.2.3.1
2 h 30 par jour travaillé, 50 h maximum par mois de préavis, payées Rien de prévu
Métallurgie (3248), forfait jours
art. 75.2.3.2
1 journée par quinzaine travaillée si nécessaire, et charge de travail adaptée, payée Rien de prévu
Commerce alimentaire (2216), employés et maîtrise
annexe I, art. 5 ; annexe II, art. 5
2 h par jour pendant 1 mois, payées 2 h par jour pendant 1 mois, non payées
Commerce alimentaire (2216), cadres
annexe III, art. 5
Chaque mois, l'équivalent d'une semaine de travail, payé 2 h par jour pendant 1 mois, non payées
Hôtels, cafés, restaurants (1979)
art. 30
Temps complet : 2 h par jour de travail, au total une semaine de travail au plus, payées ; rien en cas de faute grave Rien de prévu
Banque (2120)
art. 30
Temps complet, sur demande : 2 h chaque jour jusqu'au nouvel emploi, payées ; temps partiel au prorata Rien de prévu
Bâtiment, ouvriers (1596 et 1597)
art. 10.2 (1596) ; art. 10.2 (1597)
Sur demande : 4 h (préavis de 2 jours), 12 h (2 semaines), 25 h (1 mois ou plus), groupées en fin de préavis, payées Mêmes heures, non payées
Bâtiment, ETAM (2609)
art. 8.3
Sur demande : 5 journées ou 10 demi-journées par mois, payées Rien de prévu
Bâtiment, cadres (2420), texte non étendu
art. 7.3
Sur demande : 5 journées ou 10 demi-journées par mois, payées Rien de prévu
Immobilier (1527)
art. 32
2 h par jour, payées 2 h par jour, payées
Services de l'automobile (1090), ouvriers, employés
art. 2.12
24 h (préavis de 2 semaines) ou 50 h par mois, 2 h par jour au plus, payées Mêmes heures, non payées
Services de l'automobile (1090), maîtrise, cadres
art. 4.10
50 h par mois, payées 50 h par mois, non payées
Propreté (3043)
art. 4.11
2 h par jour, payées ; temps partiel au prorata 2 h par jour, non payées
Commerces de détail non alimentaires (1517)
chap. VI, art. 1er
2 h par jour pour 35 h par semaine, jusqu'au nouvel emploi, payées Rien de prévu
Commerces de gros (573)
art. 35
2 h par jour, 40 h au plus sur tout le préavis, payées Selon les usages locaux
Sociétés d'assurances (1672)
art. 91
50 h par mois, payées Au choix de l'employeur, sans salaire
Experts-comptables (787)
art. 6.2
2 h par journée complète d'ouverture du cabinet, payées 2 h par journée, payées après 5 ans au cabinet

La convention des cadres du bâtiment (2420) n'est pas étendue : elle ne s'applique pas d'office à toutes les entreprises du secteur. Pour une convention absente du tableau, le Code du travail numérique du ministère donne une réponse par IDCC ; remontez ensuite à l'article qu'il cite sur Légifrance. Nous avons laissé de côté les transports routiers (IDCC 16), dont les règles sont réparties entre quatre annexes et un accord de 2022 que nous n'avons pas tous relus.

Démission : la moitié des conventions lues ne garantit rien

C'est le cas qui fait le plus de dégâts, parce que la règle des « 2 heures par jour » est souvent pensée pour le licenciement. Sur les 15 conventions du tableau, 6 ne prévoient aucune heure pour le démissionnaire : métallurgie, HCR, banque, bâtiment ETAM, cadres du bâtiment, commerces de détail non alimentaires. Deux autres renvoient à autre chose qu'un droit : les usages pour les commerces de gros, la décision de l'employeur pour les assurances.

Là où la démission ouvre des heures, elles sont presque toujours non payées.

2 sur 15

immobilier, et experts-comptables après 5 ans

conventions lues garantissent le salaire pendant les heures de recherche d'emploi d'un salarié qui démissionne. Ailleurs, l'absence est au mieux autorisée, sans garantie de salaire.

Source : HiredFolio, lecture des 15 conventions du tableau sur Légifrance, 28 septembre 2026

Concrètement, un consultant Syntec qui démissionne peut s'absenter 6 jours ouvrés par mois, mais chaque demi-journée prise est retenue sur sa paie. Si vous démissionnez pour un poste déjà signé, la question se pose moins. Si vous démissionnez sans avoir retrouvé, faites le calcul avant de poser les absences, et voyez si une dispense de préavis négociée ne vous arrange pas davantage.

Syntec (IDCC 1486) : 6 jours ouvrés par mois, pas 2 heures par jour

On lit souvent que Syntec suit la règle des 2 heures par jour. L'article 4.3 de la convention, en vigueur depuis le 1er mai 2023, dit autre chose : « Les salariés ont le droit de s'absenter pour recherche d'emploi pendant 6 jours ouvrés par mois, pris chaque mois en une ou plusieurs fois, en principe par demi-journée. »

Trois détails comptent :

  1. Qui fixe les jours. Ils sont fixés « pour moitié par l'employeur et pour moitié par le salarié, sous réserve d'une information préalable réciproque ». Sur 6 jours, vous en choisissez 3, et vous prévenez votre employeur avant de les poser.
  2. Payés ou non. Pas de retenue en cas de licenciement ; en cas de démission, « ces heures d'absence ne donnent pas lieu à rémunération ».
  3. Pas de rattrapage. « Aucune indemnité n'est due en l'absence d'utilisation de ces heures. » Des jours non pris sont perdus.

Pour un préavis de trois mois, cela fait jusqu'à 18 jours ouvrés. C'est plus que la plupart des conventions du tableau, à condition de poser les demi-journées au fil des mois : le droit est « par mois ».

Métallurgie (IDCC 3248) : 2 h 30 par jour, et une règle à part pour le forfait jours

La convention unique de la métallurgie, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, place les heures de recherche d'emploi dans son article 75, consacré au licenciement. L'article 74 sur la démission n'en prévoit pas.

Pour les salariés dont le temps de travail se compte en heures, l'article 75.2.3.1 accorde « 2 heures 30 minutes par jour travaillé, dans la limite de 50 heures par mois de préavis ». À défaut d'accord, les heures sont fixées « alternativement un jour par l'employeur et un jour par le salarié ». Dans les ateliers en équipes successives ou quand l'organisation empêche des absences quotidiennes, elles sont regroupées « sur un poste entier de travail, dès que le nombre d'heures acquises est suffisant ». Un opérateur posté ne sort donc pas 2 h 30 au milieu de sa journée : il accumule, puis prend un poste complet.

Pour les cadres au forfait jours, qui n'ont pas d'heures à poser, l'article 75.2.3.2 prévoit deux choses : l'employeur « veille à adapter la charge de travail », et le salarié peut s'absenter « si nécessaire » une journée par quinzaine travaillée. Dans les deux cas, pas de réduction de salaire, et les absences « cessent d'être autorisées dès que le salarié a retrouvé un emploi ».

Qui choisit le moment, et peut-on tout regrouper à la fin

Dans la plupart des textes lus, la règle par défaut est la même : un jour au choix de l'employeur, un jour au choix du salarié, sauf accord entre les deux. Syntec et le bâtiment (ETAM et cadres) partagent plutôt les jours moitié-moitié. D'autres s'en écartent davantage :

Un entretien d'embauche, trajet compris, dépasse vite deux heures. C'est souvent le regroupement qui rend les heures utiles, et il se demande. Faites-le par écrit, en citant votre article.

L'email complet demander à regrouper ses heures de recherche d'emploi

Objet

Heures de recherche d'emploi pendant mon préavis : demande de regroupement

Corps

Bonjour Madame Martin,

Mon préavis court jusqu'au 15 décembre. L'article 30 de notre convention collective (banque, IDCC 2120) me permet de m'absenter 2 heures par jour pour rechercher un emploi, et prévoit qu'elles peuvent être regroupées avec votre accord.

J'ai deux entretiens le mardi 18 et le jeudi 20 novembre. Je vous propose de regrouper mes heures sur ces deux après-midi, de 13 h à 18 h, au lieu de les prendre chaque jour.

Pouvez-vous me confirmer votre accord par retour d'email ? Merci d'avance.

Julie Bernard

L'article cité, des dates précises et une demande de réponse écrite : l'email vaut trace si la question revient plus tard.

Vous avez trouvé un emploi : les heures s'arrêtent

Plusieurs conventions le disent en toutes lettres. La métallurgie et la banque (« jusqu'à l'obtention d'un nouvel emploi »), les commerces de détail non alimentaires, les commerces de gros, les assurances, les experts-comptables, l'automobile et les HCR limitent les heures à la période où vous cherchez encore. Une fois la promesse d'embauche signée, prévenez votre employeur et arrêtez de poser des heures à ce titre.

Même logique pour les heures non prises : aucun des textes lus ne prévoit de les payer à la fin du préavis, et Syntec comme le bâtiment (ouvriers et ETAM) l'excluent expressément.

Si le nouvel employeur veut vous voir arriver plus tôt, la question devient celle de la fin anticipée du préavis. Plusieurs conventions prévoient qu'un salarié licencié qui a trouvé un poste peut partir avant le terme sans payer d'indemnité, sous condition de délai de prévenance : 48 heures pour un employé en immobilier, 15 jours en automobile pour la maîtrise et les cadres, un mois pour un cadre du commerce alimentaire. Lisez l'article de votre convention sur le préavis, pas seulement celui sur les heures.

Rupture conventionnelle, période d'essai, faute grave : les cas sans heures

Les heures de recherche d'emploi se prennent « pendant le préavis ». Sans préavis, il n'y a pas d'heures.

Rupture conventionnelle. La convention de rupture « fixe la date de rupture du contrat de travail, qui ne peut intervenir avant le lendemain du jour de l'homologation » (article L1237-13). Il n'y a pas de préavis au sens de l'article L1234-1. La convention de l'immobilier l'écrit noir sur blanc : ses règles de préavis, heures comprises, « ne s'appliquent pas à la rupture conventionnelle qui n'est assortie d'aucun préavis ». Ce qui se négocie, c'est la date de fin du contrat : plus elle est lointaine, plus vous restez payé en cherchant. Des absences pour entretiens peuvent aussi s'écrire dans la convention de rupture, si l'employeur l'accepte.

Rupture de la période d'essai. La loi parle de « délai de prévenance », pas de préavis : de 24 heures à un mois selon le temps de présence quand l'employeur rompt (article L1221-25), 48 heures (24 heures avant huit jours de présence) quand c'est le salarié (article L1221-26). Aucun des 15 textes lus ne prévoit d'heures de recherche d'emploi pendant ce délai.

Faute grave. Le préavis de l'article L1234-1 ne s'applique que si le licenciement « n'est pas motivé par une faute grave ». Pas de préavis, pas d'heures. Certaines conventions le rappellent, comme les HCR.

Dispense de préavis. Si l'employeur vous dispense d'exécuter le préavis, vous ne travaillez plus, et la dispense « n'entraîne aucune diminution des salaires et avantages » (article L1234-5). Les heures n'ont plus d'objet : tout votre temps est libre. En démission, c'est différent quand c'est vous qui demandez la dispense. La convention des commerces non alimentaires, par exemple, prévoit alors que le salarié « ne percevra son salaire que pour la période de travail effectué, sauf accord contraire ».

Caser ses entretiens dans les heures autorisées

Un droit de 50 heures par mois ne sert à rien si les entretiens tombent au mauvais moment. Quelques réflexes, tirés des textes lus :

  1. Notez vos heures comme vos congés. Une date, une durée, qui l'a choisie. Avec la règle du « un jour chacun », c'est la seule façon de savoir combien il vous reste.
  2. Demandez le regroupement dès le premier entretien fixé, par écrit, avec le modèle plus haut.
  3. Proposez aux recruteurs vos propres créneaux. Sur les jours où c'est vous qui choisissez (la moitié en Syntec ou dans le bâtiment ETAM), vous savez à l'avance quand vous êtes libre.
  4. Après chaque entretien, envoyez un email de remerciement le jour même, et notez la date où relancer si vous n'avez pas de réponse.

Le suivi de candidatures HiredFolio sert à ce dernier point. Chaque candidature a un statut (dont « En entretien »), une date de relance avec rappel par email, des contacts, et des modèles d'email pour confirmer un entretien ou remercier après. Vous voyez en un coup d'œil combien de processus sont au stade entretien pendant votre préavis, donc combien d'heures il vous faudra encore. HiredFolio ne compte pas vos heures d'absence à votre place : pour ça, un tableau suffit, ou une simple note datée.

Suivre mes candidatures avec HiredFolio

À retenir avant de poser votre première heure

01

Relevez l'IDCC sur votre bulletin de paie, lisez l'article de votre convention sur Légifrance et demandez aux RH s'il existe un accord d'entreprise sur le préavis.

02

Si vous démissionnez, vérifiez si les heures sont payées avant de les poser : dans la plupart des conventions lues, elles ne le sont pas.

03

Demandez par écrit le regroupement des heures dès que votre premier entretien a une date.

Un entretien vient de se terminer : voici quand et comment relancer si la réponse tarde.

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